ISO 14001:2026 : quels changements par rapport à la version 2015 ?

ISO 14001:2026 : quels changements par rapport à la version 2015 ?

La norme ISO 14001:2026 remplace la version ISO 14001:2015. Cette nouvelle version ne remet pas en cause les grands principes du système de management environnemental. L’objectif reste le même : permettre aux organismes d’améliorer leur performance environnementale, de respecter leurs obligations de conformité et d’atteindre leurs objectifs environnementaux.

Cette nouvelle version apporte surtout des clarifications et rend certains sujets plus visibles, plus explicites et plus faciles à auditer. Pour les organismes déjà certifiés, il ne s’agit donc pas de reconstruire entièrement le système, mais de vérifier que certains points sont bien intégrés et  démontrés.

Article 4.1 — Comprendre l’organisme et son contexte

Une analyse du contexte environnemental plus précise

La version 2015 demandait déjà d’identifier les enjeux internes et externes pertinents. 

La version 2026 va plus loin en citant explicitement plusieurs conditions environnementales à prendre en compte telles que :

  • les niveaux de pollution,
  • la disponibilité des ressources naturelles,
  • le changement climatique,
  • la biodiversité
  • ou encore la santé de l’écosystème

Article 4.2 — Comprendre les besoins et attentes des parties intéressées

Des attentes des parties intéressées davantage liées aux enjeux environnementaux

La version 2015 demandait à l’organisme de déterminer les parties intéressées pertinentes, leurs besoins et attentes pertinents, puis d’identifier lesquels deviennent ses obligations de conformité. 

La version 2026 précise que les parties intéressées peuvent avoir des besoins et attentes associés aux conditions environnementales.

Cela concerne par exemple :

  • Le respect de la règlementation en matière de pollution environnementale
  • Ou la transmission d’informations sur la consommation des ressources naturelles et de gaz à effet de serre,
  • Ou encore les pratiques organisationnelles visant à protéger la biodiversité et la santé de l’écosystème.

Article 4.3 — Déterminer le domaine d’application du système de management environnemental

Un lien plus clair avec le cycle de vie

L’ISO 14001 demande à l’organisme de déterminer le domaine d’application de son système de management environnemental. Autrement dit, l’organisme doit définir les limites et l’applicabilité de son système.

Pour déterminer ce domaine d’application, l’organisme doit prendre en considération plusieurs éléments :

  • ses enjeux internes et externes,
  • ses obligations de conformité
  • ses unités organisationnelles, ses fonctions, ses limites physiques,
  • ses activités, produits et services,
  • ainsi que son autorité et sa capacité de maîtrise ou d’influence.

La version 2026 précise ce dernier point : l’organisme doit prendre en considération son autorité et sa capacité de maîtrise ou d’influence tout au long du cycle de vie de ses activités, produits et services.

D’autre part, la nouvelle version apporte également une précision pour les organismes qui dépendent d’autres entités pour des fonctions clés. Par exemple pour les organismes qui dépendent de bureaux d’entreprise ou régionaux qui sont en charge des allocations des ressources, des prises de décisions… Pour ces organismes, vous devez prendre en considération la manière dont cette relation influe sur le champ d’application de vos opérations et de votre système de management environnemental.

Article 6.1.2 — Aspect environnemental

Une analyse des aspects environnementaux plus lisible

Le cycle de vie

L’ISO 14001 demande à l’organisme de déterminer les aspects environnementaux de ses activités, produits et services, ainsi que les impacts environnementaux associés. Un aspect environnemental correspond à un élément des activités, produits ou services de l’organisme qui interagit, ou peut interagir, avec l’environnement.

Cette analyse doit être réalisée dans le domaine d’application défini du système de management environnemental selon une perspective de cycle de vie.

La perspective de cycle de vie consiste à ne pas regarder uniquement ce qui se passe au sein de l’organisme, au moment où il réalise son activité. Il s’agit de prendre en compte les impacts environnementaux possibles d’une activité, d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son parcours, depuis l’amont jusqu’à l’aval, dans la limite de ce que l’organisme peut maîtriser ou influencer.

Dans la version 2026, la norme précise que cette perspective ne correspond pas à une analyse détaillée du cycle de vie. Il s’agit d’une réflexion sérieuse sur les aspects environnementaux que l’organisme peut maîtriser ou influencer dans les phases du cycle de vie

À savoir : les phases du cycle de vie incluent l’acquisition des matières premières, la conception, la production, le transport/la livraison, l’utilisation, le traitement en fin de vie et l’élimination finale.

Par exemple, lorsqu’un organisme traite les aspects environnementaux dès la phase de conception, lorsque cela est possible, il peut prévenir ou réduire les impacts environnementaux négatifs à tous les autres phases du cycle.

Les situations

La version ISO 14001:2026 rend également cette analyse plus lisible en distinguant plus clairement les situations à prendre en compte :

  • les conditions normales, c’est-à-dire les situations habituelles de fonctionnement : activité courante, utilisation normale des équipements, fonctionnement habituel des locaux ou consommations régulières ;
  • les conditions anormales: des situations inhabituelles qui se produisent rarement ou qui sont imprévues sans être nécessairement des urgences. Par exemple : des conditions d’exploitation défavorables susceptibles d’augmenter les émissions ou les rejets dans l’environnement ;
  • les changements, qui peuvent concerner des évolutions nouvelles ou planifiées, ainsi que des activités, produits ou services nouveaux ou modifiés ;
  • les situations d’urgence potentielles, c’est-à-dire les événements imprévus ou inattendus susceptibles d’avoir un impact environnemental négatif et qui nécessitent une intervention rapide. Par exemple un incendie, un déversement de produits chimiques, inondation, fortes intempéries…

En prenant en compte une situation d’urgence lors de la détermination des aspects environnementaux, un organisme peut découvrir un nouvel aspect ou, du fait de la gravité ou de l’ampleur potentielle de l’impact, un aspect environnemental significatif.

La nouvelle version de l’ISO 14001 précise que le terme « significatif » renvoie à la notion de relativité. Autrement dit, ce qui est significatif pour un organisme ne l’est pas nécessairement pour un autre et ce qu’un organisme estime être un aspect environnemental significatif peut évoluer avec le temps.

Article 6.1.4 — Risques et opportunités

Des risques et opportunités mieux structurés dans la planification

Dans la version ISO 14001:2026, les risques et opportunités font désormais l’objet d’un article distinct dans le corps de la norme. L’organisme doit déterminer les risques et opportunités liés à ses aspects environnementaux, à ses obligations de conformité, ainsi qu’aux autres enjeux et exigences pertinents issus du contexte et des parties intéressées.

L’Annexe A précise que ces risques et opportunités ne sont pas uniquement liés aux aspects environnementaux ou aux obligations de conformité. Ils peuvent aussi provenir du contexte général de l’organisme, notamment des enjeux internes et externes, des conditions environnementales pouvant affecter ses opérations, des changements apportés à son activité ou encore des besoins et attentes des parties intéressées.  

L’organisme est libre pour déterminer les risques et opportunités qu’il est nécessaire de prendre en compte, en fonction de sa capacité et de ses moyens pour atténuer les risques ou exploiter les opportunités. 

Exemples d’opportunité ayant des effets bénéfiques potentiels : l’introduction de nouvelles technologies financées par des subventions publiques afin de réduire les niveaux de pollution. 

Exemples de risque ayant des effets négatifs potentiels : un déversement accidentel ayant une incidence environnementale, lié à des difficultés de compréhension des procédures locales de travail par certains travailleurs, par exemple en raison d’un manque d’alphabétisation ou d’une barrière de la langue. (Annexe A.6.1.4) 

Article 6.3 — Planification des changements 

La planification des changements devient une exigence plus explicite

La gestion des changements était déjà présente dans la version 2015, mais de manière dispersée.  La version ISO 14001:2026 rend cette exigence plus visible en créant un article spécifique consacré à la planification des changements.

La norme précise que lorsqu’un organisme détermine qu’un changement a, ou est susceptible d’avoir, une incidence sur le système de management environnemental, ce changement doit être réalisé de façon planifiée. Il doit également être géré afin que l’organisme puisse atteindre les résultats attendus de son système de management environnemental. 

Le besoin d’apporter un changement peut provenir de sources internes ou externes, par exemple les changements radicaux, l’innovation ou la réorganisation, et doit amener à une réflexion sur l’amélioration continue (cf. 10.1 – Amélioration continue). 

Cela peut concerner, par exemple, les changements pris en compte dans l’analyse des aspects environnementaux, les changements communiqués en interne, les changements planifiés ou inattendus dans la maîtrise opérationnelle, les changements ayant une incidence sur le programme d’audit interne ou encore les changements examinés en revue de direction. 

Article 8.1 — Planification et maîtrise

Une approche plus large des fournisseurs et prestataires externes

La version ISO 14001:2015 faisait référence aux processus externalisés. La version ISO 14001:2026 utilise une formulation plus large : elle parle désormais des processus, produits ou services fournis par des prestataires ou des fournisseurs externes.

L’organisme doit s’assurer que ces processus, produits ou services sont maîtrisés ou influencés lorsqu’ils sont pertinents pour les résultats attendus du système de management environnemental. Le type et le degré de maîtrise ou d’influence doivent être définis au sein du système de management environnemental.

La norme ISO 14001 :2026 apporte des exemples pour choisir le type de méthode de maîtrise opérationnelle. Elles peuvent inclure : l’utilisation de technologie, le recrutement de personnel, la surveillance des résultats ou encore la conception des informations documentées nécessaires.

Et pour décider du degré de maîtrise, il est possible de s’appuyer, par exemple, sur les connaissances, les compétences, les ressources ou les opportunités d’amélioration disponibles. 

Article 9.2.2 — Programme d’audit interne

Des audits internes plus précis

La version ISO 14001:2015 faisait référence aux processus externalisés. La version ISO 14001:2026 utilise une formulation plus large : elle parle désormais des processus, produits ou services fournis par des prestataires ou des fournisseurs externes.

L’organisme doit s’assurer que ces processus, produits ou services sont maîtrisés ou influencés lorsqu’ils sont pertinents pour les résultats attendus du système de management environnemental. Le type et le degré de maîtrise ou d’influence doivent être définis au sein du système de management environnemental.

La norme ISO 14001 :2026 apporte des exemples pour choisir le type de méthode de maîtrise opérationnelle. Elles peuvent inclure : l’utilisation de technologie, le recrutement de personnel, la surveillance des résultats ou encore la conception des informations documentées nécessaires.

Et pour décider du degré de maîtrise, il est possible de s’appuyer, par exemple, sur les connaissances, les compétences, les ressources ou les opportunités d’amélioration disponibles. 

Article 9.3 – Revue de Direction

Une revue de direction davantage clarifiée

La version ISO 14001:2026 apporte des précisions sur la revue de direction (9.3 – Revue de Direction). Dans la version 2015, la norme listait les éléments devant être pris en compte lors de cette revue. La version 2026 clarifie davantage son objectif : la revue de direction doit permettre à la direction d’avoir une compréhension globale du système de management environnemental afin d’en évaluer la pertinence, l’adéquation et l’efficacité. 

La nouvelle version précise également ces trois notions : 

  • La pertinence : le système de management environnemental est adapté aux opérations, à la culture et au fonctionnement de l’organisme ;
  • L’adéquation : le système répond aux exigences applicables et est mis en œuvre de manière appropriée ; 
  • L’efficacité : le système permet d’atteindre les résultats attendus.  

Autre précision importante : les différents thèmes de la revue de direction ne doivent pas nécessairement être abordés au cours d’une seule et même réunion. Ils peuvent être traités périodiquement, dans le cadre de différentes activités de management, comme des réunions de direction ou des réunions de pilotage. 

Ce qu’il faut retenir

La version ISO 14001:2026 ne transforme pas totalement la norme. Elle demande surtout une meilleure démonstration de cohérence et de maîtrise. 

Les organismes certifiés ou futurs certifiés devront porter une attention particulière à l’analyse du contexte environnemental, aux attentes des parties intéressées, à la perspective de cycle de vie, aux risques et opportunités, à la gestion des changements, à la maîtrise des prestataires externes et à la préparation des audits internes. 

En résumé, la version 2026 pousse les organismes à avoir un système de management environnemental plus connecté à leur réalité : leurs activités, leur environnement, leurs parties intéressées et leurs évolutions. Et c’est en se rapprochant de la réalité de chacun que l’ISO 14001 apporte des résultats concrets.

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